Avant dans un moment pareil la perspective Nevski ne m'aurait jamais effleuré, même si je pense que d'une certaine facon tu es la perspective Nevski.
Tu es la beauté glaciale et toute la chaleur qui l'accompagne.
Quand Gogol écrit la perspective Nevski c'est pour lui une avenue, à St Petersbourg. La plus belle avenue qui puisse, où chacun se parle et se découvre. Mais je pense qu'on a tous le droit à une perspective Nevski.
J'ai trouvé la mienne. Et après tout, on peut définir une avenue et une femme avec à peu près les mêmes symboles.
Elles partent d'un point A à un point B. On peut s'y promener, j'ai promené mes doigts le long de son corps comme j'ai promené mes pieds le long du père Lachaise. Lors d'une telle promenade tout les sens sont en éveil. J'ai retrouvé en elle tout ce que j'avais déjà trouvé chez d'autres filles ainsi que tout ce que je n'y avais pas trouvé. Comme quand une avenue est trop longue je n'en ai pas fait le tour. Mais comme après le père Lachaise j'ai retrouvé confiance en tout. C'est en perdant pied totalement que l'on arrive à se redresser je trouve. J'ai plongé mes yeux dans les siens plusieurs fois, et même si j'ai du mal à me souvenir précisément de leur couleur, je me souviens de la profondeur du regard.
L'homme qui se promene pour la première fois à St Petersbourg le long de la perspective Nevski s'en retrouve changé, et je le comprends. Sans jamais avoir été à St Petersbourg j'ai vu allongé à côté de moi Nevski
J'aurais voulu lui demander de m'aider à faire un choix. M'aider à partir.
Puisque tu connais si bien les paroles, souvient toi de la derniere phrase, ou bien regarde sur tes feuillets.
